Barbara Abel

 Lucy Gilot mène une vie tranquille et aisée entre son mari et ses deux enfants dans une agréable maison située dans une des communes bruxelloises.  Une seule petite ombre à sa vie : adoptée dès sa naissance par une famille aimante, ignore tout de sa mère biologique.  Elle a souvent pensé entamer des recherches, mais la peur autant que l’indolence engendrée par sa vie bourgeoise l’ont empêchée de concrétiser ce qui n’était qu’un vœu pieux.

Un matin, une équipe de télévision débarque chez elle et lui propose de participer à une émission de télé-réalité : Devine qui est là. Cette émission a pour but de réunir ceux que la vie a séparés. Bien que l’identité de la personne doive rester secrète jusqu’à l’émission, Lucy n’a aucun doute : c’est sa mère qui la recherche.

La jeune femme est tout de suite séduite par la personne qu’elle rencontre sur le plateau de télévision et lui propose même de ne pas retourner tout de suite à Paris mais de séjourner chez elle quelque temps. Les jeux et les plaisanteries, dignes de blagues d’adolescentes, provoquent des quiproquos… que tout le monde n’apprécie pas toujours.

Il est difficile de parler d’un roman à suspens sans risquer de gâcher le plaisir du futur lecteur.  Aussi, je dirai seulement que Barbara Abel distille le mystère d’abord à petites doses, avec la délicatesse de semer des indices, d’envoyer des signaux qui permettent au lecteur de se dire : « Ah !  J’avais bien deviné ! » 

Jusqu’au jour où Lucy disparaît.  Le lecteur est alors aussi désemparé que les protagonistes et va de surprises en surprises.

En construisant cette intrigue, Barbara Abel s’est moins livrée à un travail d’écrivain que d’orfèvre : rien n’est dû au hasard, chaque détail se justifie, même le choix des prénoms comme on s’en apercevra à la fin. Duelle est un roman qui se lit d’une traite si vous ne craignez pas d’y passer la nuit.

 

Duelle, Barbara Abel, Éditions du Masque, 2005, 430 p.